Les origines

Alfonso Caycedo, médecin neuropsychiatre, d'origine basque espagnole, né en 1932 à Bogota en Colombie, est le fondateur, en 1960, de la sophrologie qui a pour but d'étudier la conscience humaine. Il définit la conscience humaine comme " la force d'intégration de tous les éléments et structures physiques et psychiques de l'existence de l'être."
En 1959, il travaille dans le service de Neuropsychiatrie de l'Hôpital Provincial de Madrid, dirigé par le Pr Juan José Lopez Ibor. Les procédés thérapeutiques qu'il doit appliquer sur ses patients en état de conscience modifié s'avèrent violents (comas insuliniques, électrochoc sans anesthésie). Ses traitements pouvaient modifier ou altérer la conscience, il se tourne alors vers l'hypnose clinique, un procédé qui lui convient mieux.
Très vite, il se rend compte que les observations cliniques ne coïncident pas toujours avec les théories, de plus le mot hypnose est souvent mal interprété, associé à la magie, au mystérieux. Il va donc créer le terme sophrologie en octobre 1960 et fonder un département de sophrologie clinique.

Le mot Sophrologie est construit à partir de trois racines grecques :

SOS PHREN LOGOS

Paix -Harmonie Esprit - Conscience Discours- Science

illustration des états de la conscience

Les trois états de conscience :

  • 1-La conscience ordinaire : permet une vie sociale « normale »
  • 2-La conscience pathologique : conscience altérée par la maladie, vie sociale difficile
  • 3-La conscience sophronique : nouvelle conscience à l’issus des entraînements sophrologiques. Elle va permettre un plus grand développement de sa relation à l’existence.

les niveaux de conscience :

    • 1- La veille
    • 2- Le niveau sophroliminal : terme crée pour désigner le paramètre qui sépare la veille du sommeil. Ce terme représente le niveau privilégié de conscience pour un travail en sophrologie.
    • 3- Le sommeil


Au tout début de la sophrologie, Alfonso Caycedo va s'inspirer de certaines méthodes de relaxation pratiquées en médecine :
-Le training autogène : méthode proposée par l'allemand J.H Shultz (1884-1970) et basée sur des suggestions de sensations (lourdeur, chaleur....)
-La relaxation psychotonique: du neurospsychiatre et psychanalyste espagnol J.de Ajuriaguerra, basée sur la méthode de Shultz et la psychanalyse.
-La relaxation progressive: par l'américain E.Jacobson (1888-1983), qui démontra que le relâchement musculaire aboutit à la détente mentale.
-La méthode Vittoz : elle vise à rétablir l'équilibre entre les deux principales fonctions du cerveau : la réceptivité et l'émissivité, au moyen d'exercices simples et pratiques, que l'on intègre dans la vie courante.
-L'Eutonie : (du grec eu= bien, harmonie,juste et tonos=tension) a été crée par Gerda Alexander en 1957, pour traduire l'idée d'une "tonicité harmonieusement équilibrée en adaptation constante, en rapport juste avec la situation ou l'action à vivre." "L'eutonie propose une recherche adaptée au monde occidental, pour aider l'homme de notre temps à atteindre une conscience approfondie de sa propre réalité corporelle et spirituelle dans une véritable unité."

La sophrologie va évoluer à partir de 1962, lorsque Caycedo rencontre en Suisse le célèbre psychiatre et phénoménologue, le ProfesseurLudwing Binswanger. Il va devenir son élève et travailler à ses côtés au sanatorium Bellevue à Kreuslingen.

La phénoménologie est une discipline philosophique qui est née au 18ème siècle des travaux de Hegel. Le phénomène, objet d'étude de la phénomènologie, est tout ce qui est vécu par un individu dans l'instant présent, ce qui apparaît spontanément à son conscient, en vécu de son corps, de ses émotions ou en évocations-réflexions. C'est tout ce qui est expérimenté par la personne, "ici et maintenant", sans a priori, sans référence au passé ni intention vers l'avenir. Dès lors, Caycedo va utiliser la phénoménologie dans sa démarche de recherche sur la conscience. La sophrologie s'affirme petit à petit comme une méthode moins inductive. La phénoménologie va devenir le support de sa démarche scientifique.

De 1965 à 1968, encouragé par le Pr Binswanger ainsi que par sa femme, une passionnée de Yoga, A.Caycedo décide de partir en Orient afin d'étudier les différentes techniques orientales susceptibles d'accéder à des états de conscience modifiés. Il séjourne en Inde où il s'initie au Yogaauprès de grands yogis qu'il a rencontré grâce à des médecins indiens. Il rencontre dans l'Himalaya, l'un des médecins du 14ème dalaï-lama qui lui fait connaître le Toumo et au Japon, il va étudier le Zen.

Les trois premiers degrés de la relaxation dynamique sont inspirés de ses techniques orientales et bien sûr adaptés à la culture occidentale. En introduisant la phénoménologie ainsi que les bases les plus importantes des techniques orientales à l'étude de la conscience humaine, Caycedo propose une approche psychocorporelle, union du corps et de l'esprit pour une meilleure connaissance de soi.

La sophrologie d'aujourd'hui peut se définir comme "un ensemble de méthodes conçu afin de créer une école scientifique inspirée par la phénoménologie et spécialisée dans l'étude et le développement de la conscience humaine."

Elle se divise en deux branches :

La sophrologie sociale et prophylactique (non thérapeutique):

de plus en plus de sophrologues se consacrent au domaine pédagogique (prévention, enseignement, arts...), au domaine social , ou sportif. Mais aussi, ils vont intervenir dans la prévention du stress et du développement personnel. Ce domaine concerne davantage le grand public.

La sophrologie clinique:

elle est réservée aux professionnels de la santé et de la relation d'aide. La profession de sophrologue ne permet pas de devenir thérapeute. Les diplômés universitaires, psychologues, médecin, sages-femmes, infimières et kinésithérapeutes, peuvent ainsi proposer des séances de sophrologie en complément d'autres accompagnements thérapeutiques.

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